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Décideurs engagés · · 1 422 vues

Guillaume le Dieu de Ville

Lingueo

Guillaume le Dieu de Ville, cofondateur de Lingueo, était l’invité de Magali Forestier dans l’émission On se dit tout, sur L’Hémicycle TV.

« J’ai créé ma première entreprise à 15 ans, je concevais des sites internet », raconte Guillaume le Dieu de Ville, convaincu que l’entrepreneuriat n’a pas de parcours unique. Autodidacte, il se forme d’abord « en ligne, via des forums », avant d’explorer un itinéraire académique riche : droit, école de l’internet, Télécom Paris, puis HEC. À la question de savoir si une école de commerce est indispensable pour entreprendre, il répond sans détour : « Pas du tout, mais une école apporte un savoir-faire, de la méthodologie, et c’est clé. »

Directeur académique du partenariat entre Polytechnique et HEC, il crée à HEC le programme Startup Launchpad, un dispositif intensif qui permet aux étudiants de lancer leur start-up en 11 semaines. « Plus de 500 projets sont passés en 10 ans, 170 boîtes actives dans tous les domaines », se réjouit-il. Engagé pour une plus grande diversité, il insiste sur l’importance des rôles modèles féminins : « C’est toute une chaîne de valeur qu’il faut reconstruire, et que l’école porte haut et fort. »

Aux côtés de son associé, Guillaume Le Dieu De Ville travaille un temps dans la Silicon Valley pour Luc Julia, concepteur de l’assistant vocal Siri : « On travaillait sur le développement d’une boîte d’apprentissage d’anglais, Speak ISL. » De retour en France, ils identifient un besoin structurel : la faible maîtrise des langues étrangères. « On s’est dit forcément les prestations de service allaient se réaliser en ligne. » De cette intuition naît Lingueo, première marketplace mondiale dédiée à l’apprentissage des langues, qui devient progressivement une école de langues et un organisme de formation professionnelle.

Aux politiques, Guillaume Le Dieu De Ville invite à repenser en profondeur l’enseignement linguistique. « Nous n’avons pas institutionnalisé l’apprentissage des langues », déplore-t-il, pointant un système encore trop centré sur la théorie et peu tourné vers la pratique orale. Pour lui, la langue ne peut être dissociée de son contexte culturel : « Je rendrais obligatoire, lorsqu’on choisit une langue, de choisir un pays et d’en apprendre sa culture. » Un geste simple, affirme-t-il, pour « éveiller la curiosité de son prochain » et donner les moyens d’éviter « des problèmes de communication ».